Le témoin intérieur

L'infographie de The_Titness

Un guide complet sur la conscience qui nous libère — et la vocation de ceux qui la cultivent

par Luis Miguel Gallardo Fondatrice et présidente de la Fondation mondiale du bonheur

La capacité sous toutes les capacités

Il existe une capacité qui sous-tend discrètement chaque changement significatif accompli par un être humain. Elle est plus ancienne que la psychologie, plus ancienne que la philosophie, plus ancienne que les villes où nous vivons. Elle est si ordinaire que nous l'utilisons une centaine de fois par jour sans nous en rendre compte — et si extraordinaire que ceux qui l'ont remontée à sa source l'ont nommée, de diverses manières, libération, lumières, grâce et Accueil.

La capacité est la suivante : remarquer que nous remarquons.

Éprouver une émotion et, au même instant, savoir qu'une émotion est vécue. Avoir une pensée et être conscient qu'une pensée surgit. Souffrir, se réjouir, s'affliger, aimer – et au cœur de tout cela, trouver une présence calme et immuable qui n'est ni la souffrance ni la joie, ni le chagrin ni l'amour, mais la dans lequel tous ces éléments vont et viennent.

Dans les traditions contemplatives, cette présence est appelée la Témoin.

Pendant plus de deux décennies — à travers des salles d'hypnothérapie à Madrid et à Miami, des travaux de régression dans la tradition de la Vie entre les vies, des ateliers de leadership à Genève et à São Paulo, des forums pour la paix à l'UPEACE et la fondation de la World Happiness Academy — j'ai observé une chose avec plus de fiabilité que toute autre : lorsqu'une personne entre en contact avec le Témoin, quelque chose changeCe n'est pas le contenu de leur vie, ni la difficulté de leur situation, mais la relation entre la personne et son expérience. Et de ce changement découle tout autre changement possible.

Cet essai est une exploration minutieuse et nuancée du Témoignage — ce qu'il est, comment les grandes traditions l'ont compris, ce que la psychologie et les neurosciences contemporaines confirment à son sujet, les sept niveaux progressifs par lesquels il mûrit, les pratiques qui le cultivent et la vocation de ceux qui choisissent de consacrer leur vie professionnelle à y inviter les autres.

Si, à la lecture du dernier paragraphe, vous avez le sentiment que ce travail vous appartient — que c’est ce que vous êtes venu faire —, alors vous saurez comment réagir.

I. Qu'est-ce qu'un témoin ?

Le Témoin est la conscience qui perçoit l'expérience sans la devenir.

Ce n'est pas une pensée. Les pensées surgissent. dans les Le Témoin, comme les nuages ​​qui se forment dans le ciel. Ce n'est pas une émotion. Les émotions se meuvent. à travers Le Témoin, la façon dont le temps se déplace dans le ciel. Ce n'est pas un rôle — partenaire, parent, professionnel, citoyen. Les rôles sont effectué dans Le Témoin, la manière dont les personnages sont interprétés dans l'espace ouvert d'une scène.

Rencontrer le Témoin, c'est découvrir que toute votre vie, vous vous êtes cherché au mauvais endroit. Vous vous êtes cherché dans vos pensées et n'y avez trouvé qu'un flot incessant de commentaires. Vous vous êtes cherché dans vos émotions et n'y avez trouvé qu'une marée montante et descendante. Vous vous êtes cherché dans vos réussites, vos relations et vos histoires – et chacune d'elles, aussi précieuses soient-elles, s'est révélée n'être qu'un lieu de passage plutôt qu'un lieu d'habitation.

Le Témoin est ce qui restait quand aucun d'eux n'a répondu.

C'est la présence silencieuse et non réactive qui sait l'idée surgit que sait L'émotion est touchante, c'est tout. sait Le rôle est joué. Cela ne les repousse pas. Cela ne s'accroche pas. Cela simplement is — lumineuse, éveillée, sans défense et tranquillement libre.

Dans toutes les traditions de sagesse de l'humanité, cette même découverte essentielle apparaît sous différents noms. Les sages du Vedānta, de langue sanskrite, l'appelaient ainsi : Sākṣī — le témoin éternel — et Draṣṭā, le voyant (Patañjali, Yoga Sūtras I.3 : tadā draṣṭuḥ svarūpe 'vasthānam - alors le voyant demeure dans sa véritable natureLes bouddhistes l'appelaient ainsi. heures — la conscience nue — l’esprit observateur qui effleure l’expérience sans s’y attacher. Les mystiques grecs la connaissaient sous le nom de theōros, l'observateur sacré, la même racine qui nous donne théorie et, plus révélateur encore, théâtre.

Roberto Assagioli, le fondateur italien de la psychosynthèse, nous a peut-être donné la formulation la plus opérationnelle de la tradition occidentale : « J’ai un corps, mais je ne suis pas mon corps. J’ai des émotions, mais je ne suis pas mes émotions. J’ai un esprit, mais je ne suis pas mon esprit. » Par ce qu'il appelait le exercice de désidentificationAssagioli a tracé la voie pratique d'accès au Témoignage pour des milliers de cliniciens et d'éducateurs.

Ken Wilber, dans son cadre intégral, l'a nommé le « II » — le témoin qui ne peut lui-même être objectivé, car toute tentative de le regarder at Elle ne révèle que le regard. A.H. Almaas, dans son ouvrage *L'Approche du Diamant*, l'a appelée ainsi. Identité essentielle — la perle de la pure présence au cœur de la personne. Carl Jung l'a pressenti dans son concept du moi observateur au service de la Soi avec un S majuscule — la totalité qui inclut et transcende le « Je » ordinaire.

Le modèle des Systèmes Familiaux Internes de Richard Schwartz, sans doute le cadre de thérapie des parties le plus influent de notre époque, le nomme simplement Soi — cette présence calme, curieuse, compatissante et courageuse qui, lorsqu'on entre en contact avec elle, peut contenir toutes les parties d'une psyché fragmentée sans en être aucune.

Et dans le travail de régression que je pratique depuis des années — la tradition de la Vie entre les vies® initiée par Michael Newton — le Témoin se manifeste comme le conscience de perspective de l'âme qui observe l'expérience de l'incarnation de l'extérieur, reconnaissant la vie présente comme un chapitre d'un arc beaucoup plus vaste.

Des vocabulaires différents. Des métaphysiques différentes. Une même reconnaissance essentielle.

Le témoin est le pont entre le personnel et le transpersonnelEn dessous, nous nous identifions au contenu. Au-delà, le contenu se dissout dans l'être pur. Le Témoin est le seuil lui-même — le point d'immobilité au centre de la roue tournante de notre vie, d'où la transformation devient non seulement possible, mais inévitable.

II. Pourquoi le témoignage est important aujourd'hui

Je tiens à souligner que la pratique du Témoin n'est pas seulement un bien personnel. À notre époque, elle est devenue une nécessité civilisationnelle.

Nous vivons à l'époque où la colonisation cognitive est la plus forte de toute l'histoire de l'humanité. L'adulte moyen consomme aujourd'hui – via les téléphones, les écrans, les notifications, la publicité et le bruit ambiant des médias optimisés par des algorithmes – entre cinq et onze heures de contenu médiatisé par jour. Les technologies qui diffusent ce contenu sont, de par leur conception même, pensées pour… capter l'attentionLe modèle économique d'une grande partie de l'économie numérique consiste, en termes simples, à exploiter la conscience humaine.

Lorsque la prise de conscience est éveillée, le Témoin est la première victime.

Une personne dont l'attention est constamment détournée ne peut pas être témoin de sa propre expérience. Elle ne peut pas percevoir le subtil éveil d'une émotion avant qu'elle ne se transforme en réaction. Elle ne peut pas percevoir le décalage entre le stimulus et la réponse. Elle ne peut pas reconnaître la différence entre Je suis faché et La colère monte en moiEt sans cette reconnaissance — sans la écart Le film « The Witness » s’ouvre : la liberté n’existe pas. Il n’y a que de la réactivité déguisée en personnalité.

Ce n'est pas un petit problème. C'est, à mon avis, la plaie centrale de notre époque. Carte mondiale de la douleur et des traumatismes (GPTM) Le cadre de recherche que nous avons développé à la Fondation mondiale du bonheur, couvrant sept domaines de souffrance, révèle des schémas de douleur qui, au-delà de leurs spécificités culturelles et matérielles, partagent une signature commune : l’absence du Témoin. Les gens sont à l'intérieur leur souffrance plutôt que d'être capables de être avec Elle. Au cœur de leur peur, plutôt que de pouvoir l'apprivoiser. Au cœur de leur blessure, plutôt que de pouvoir la transmuter.

J'ai écrit ailleurs — et je le répète ici, car c'est ce qui ressemble le plus à un credo pour moi :

La paix fondamentale n'est pas l'absence de douleur… c'est la transmutation de son énergie en amour et en compassion.

Cette transmutation n'est pas de la magie. Ce n'est même pas un mystère, au sens obscurantiste du terme. C'est une potentielEt cette capacité réside précisément dans le Témoin. La douleur à laquelle on s'identifie devient souffrance. La douleur dont on est témoin — accueillie avec une conscience compatissante et incarnée — devient la matière première de l'amour. C'est l'alchimie au cœur de ce que j'ai appelé Happytalisme, le paradigme civilisationnel qui propose la culture consciente de l'épanouissement humain comme projet central de notre époque.

Le Témoin n'est donc pas un luxe pour les contemplatifs. Il est, au sens le plus concret, le sans souci Par ce biais, une humanité blessée devient capable de se guérir elle-même. Et ceux qui apprennent à cultiver cette capacité en eux-mêmes — et à l'inviter chez les autres — ne se contentent pas de pratiquer un art. Ils prennent soin du système immunitaire d'une civilisation.

III. Ce que la science commence à confirmer

Les traditions contemplatives connaissent le Témoin depuis des millénaires. Les neurosciences cognitives contemporaines commencent aujourd'hui, dans leur propre langage, à décrire ce que ces traditions ont découvert par l'expérience directe.

Les travaux de chercheurs tels que Judson Brewer à l'Université Brown, Norman Farb et Zindel Segal à Toronto, Richard Davidson à l'Université du Wisconsin-Madison, et bien d'autres, ont permis de commencer à cartographier ce qui se passe dans le cerveau lorsqu'une personne passe d'un état à un autre. Identifié avec une expérience à Témoin le

En bref — et avec l'humilité qui s'impose quant aux limites de toute réduction de la conscience à de simples corrélats neuronaux —, la recherche suggère plusieurs conclusions convergentes. Il semble exister une distinction entre auto-récit narratif (l'activation du réseau du mode par défaut associée à la rumination, à la pensée autoréférentielle, au monologue intérieur incessant du moi) et l'auto-centrage expérientiel (Le mode de conscience plus centré sur le présent et plus riche en sensations, associé aux états de pleine conscience). Le fait d'être témoin entraîne le second au détriment du premier.

Il existe des preuves constantes qu'une pratique soutenue du Témoin est associée à des changements structurels dans le cerveau : une augmentation de la densité de la matière grise dans les régions impliquées dans la régulation émotionnelle, l'attention et l'intéroception (la conscience des états corporels internes), et une diminution de la réactivité de l'amygdale. En d'autres termes, le Témoin mesurable modifie la façon dont le système nerveux traite l'expérience.

La théorie polyvagale, développée par Stephen Porges, offre une autre perspective : le Témoin semble intimement lié à l’état vagal ventral – le mode parasympathique d’engagement social, de sécurité et de connexion. Témoigner, c’est être régulé. Être régulé, c’est être capable de témoigner. Ce ne sont pas des capacités distinctes ; c’est une seule et même capacité, envisagée sous différents angles.

Je cite ces recherches non pas parce que le Témoignage a besoin d’une validation scientifique pour être réel — il n’en a pas besoin —, mais parce que nous vivons à une époque qui a, peut-être trop vite, rejeté les technologies intérieures des traditions contemplatives. La convergence d’une sagesse millénaire et des neurosciences du XXIe siècle nous apprend quelque chose d’important : Nous n'inventons rien.La capacité à être témoin de notre propre expérience est une propriété réelle, cultivable et transformatrice du système nerveux humain, et les méthodes pour la développer ont été perfectionnées à travers les cultures depuis aussi longtemps que des êtres humains se sont interrogés sur le sens de la liberté.

IV. Les sept niveaux de témoignage

Ce qui suit est une carte de développement. Les niveaux ne sont pas des étapes rigides, mais capacités hydriques La plupart d'entre nous en consultons plusieurs au cours d'une même journée, parfois même au cours d'une seule conversation. La carte sert à s'orienter, non à classer. Utilisez-la comme un marin utilise une carte marine : pour savoir où vous êtes, pour repérer les hauts-fonds, et pour vous rappeler que le territoire lui-même est toujours plus vaste que ne le laisse paraître la carte.

Niveau 1 — Pré-témoin : Identification totale

À ce niveau, la personne est imprégnée d'expérience. Je suis en colère. Je suis un échec. Voilà qui je suis. Il n'y a pas d'écart entre celui qui vit l'expérience et celui qui la vit. Les pensées sont prises pour vérité ; les émotions, pour identité ; le récit, pour réalité. L'ombre — ce que Jung appelait la matière reniée de la psyché — tire les ficelles, car la personne is l'ombre sans le savoir.

C’est le point de départ de la plupart des interventions cliniques et des séances de coaching. Il ne s’agit ni d’un échec ni d’un défaut ; c’est le point de départ universel. Accueillir une personne au niveau 1 autrement qu’avec chaleur et un environnement sécurisant et compétent, c’est méconnaître les exigences de la situation.

Niveau 2 — L'Observateur : Premier Intervalle

Un léger voile de séparation apparaît. La personne se surprend à : Je remarque que je suis en colère. Le mot avis « Seuil » est le mot-clé ; il signale qu’un observateur intérieur a, peut-être pour la première fois, ouvert les yeux. L’espace est ténu, fragile, facilement comblé. Il sera comblé à maintes reprises avant de se stabiliser. Mais il est apparu, et une fois apparu, il peut être cultivé.

Le travail à ce niveau est une célébration. Prendre conscience de sa propre prise de conscience est en soi un acte du Témoin. Chaque répétition renforce la capacité de la pause.

Niveau 3 — L'observateur : Distance stabilisée

L'écart se creuse. La personne peut maintenir un état intérieur en pleine conscience pendant des moments prolongés sans y sombrer. Une tristesse m'envahit, et je l'observe. La régulation émotionnelle s'améliore. La réactivité diminue. La métacognition — la capacité de réfléchir à sa propre pensée — se développe.

Un danger particulier apparaît à ce niveau : contournement spirituelL'observateur peut devenir une distance défensive plutôt qu'une présence bienveillante — une façon de Ne pas se sentir Déguisée en conscience, cette illusion persiste. Le praticien transpersonnel expérimenté y est attentif et veille à ce que l'observateur demeure incarné, chaleureux et en contact avec la sensation ressentie de ce qui est observé. Un témoin froid est un témoin sur la défensive, et un témoin sur la défensive est encore une part de soi dissimulée.

Niveau 4 — Le Témoin : Présence stable

L'observateur se transforme en témoin. La conscience n'est plus un outil que l'on acquiert, elle est reconnue comme… beouf on se tient sur un point de référence. La personne s'identifie moins au contenu qu'à la conscience qui le sous-tend. C'est le Soi de la psychosynthèse : le « je » qui a Corps, émotions, esprit, rôles — mais n'est rien de tout cela.

À ce niveau, le Ombre-Don-Essence (SGE) La transformation devient opérationnelle. L'ombre peut être rencontrée sans être assimilée. Le don — la capacité latente qui sommeillait au cœur de l'ombre — commence à se cristalliser. L'équanimité devient accessible. Le paradoxe peut être appréhendé sans s'effondrer. La personne découvre qu'elle peut être pleinement présente à presque tout ce qui se présente, sans avoir besoin que cela soit autre chose que ce qu'il est.

Il s'agit du niveau de pratique le plus courant chez les coachs confirmés. C'est également le niveau que le praticien lui-même doit avoir atteint pour pouvoir être d'une aide précieuse aux autres.

Niveau 5 — Le témoin de l'âme : perspective transpersonnelle

Le Témoin s'étend au-delà du moi biographique. La personne perçoit sa vie d'un point de vue spirituel, comme si elle observait l'incarnation de l'extérieur. Les événements de la vie deviennent symboliques. La souffrance se transforme en apprentissage. Un sens du but émerge, non comme un projet de l'ego, mais comme une trajectoire de l'âme.

C’est le territoire de la conscience de la Vie entre les vies, de la conscience archétypale, de la perception ancestrale, ce que Jung appelait la Soi avec un S majuscule, ce que les soufis appelaient le Ami, ce que les mystiques chrétiens appelaient l'âme beouf Des vocabulaires différents pour un même élargissement.

Le danger ici est inflation — confondre la perspective de l'âme avec la mégalomanie personnelle. L'antidote est l'incarnation et le service. La perspicacité à ce niveau doit être intégrée par le corps et traduite en action dans le monde, sinon elle devient vanité spirituelle. La roue du bonheur — avec ses neuf sphères et ses cinquante-quatre indicateurs — est précisément l'instrument par lequel nous traduisons la perspicacité transpersonnelle en expérience vécue, garantissant que ce qui est entrevu au niveau 5 se manifeste réellement dans la famille, le travail, la communauté et le soin apporté à la planète.

Niveau 6 — Le Témoin Pur : Sākṣī

Le Témoin se reconnaît lui-même. Il n’y a plus de « quelqu’un » qui témoigne — il n’y a plus que lui. témoin de lui-même, lumineuse et consciente d'elle-même. C'est le II de Ramana Maharshi, le témoin causal de Wilber, le Atman de Vedānta.

À ce niveau, le coach n'« fait » rien. Sa présence même devient l'intervention. L'espace qui entoure un tel praticien invite naturellement le client à une observation plus profonde – ce que les traditions contemplatives appellent darshanLa transmission de l'être. C'est à ce niveau que l'on comprend pourquoi, en présence de certains maîtres à travers l'histoire, des gens ordinaires ont spontanément accédé à des états de conscience qu'aucune technique ne leur avait permis d'atteindre auparavant. Le champ, c'est l'enseignement.

Niveau 7 — Témoin dissous : Conscience non duelle

Le mouvement final : le Témoin lui-même se dissout dans ce dont il a été témoin. L’observateur et l’observé se révèlent comme une seule et même présence. C’est… non-dualité - Advaita, Tat Tvam Asi (« Tu es Cela »), l’union vers laquelle pointent les mystiques de toutes les traditions.

Ici, la paix fondamentale n'est pas une expérience vécue ; c'est ce que l'on est. isLa transmutation de la douleur en amour n'est plus un événement, elle est la nature même de la conscience. La compassion surgit sans effort, car il n'y a personne d'autre vers qui elle pourrait être dirigée. L'amour n'est pas un sentiment, c'est un état. est réalisée en.

Ce niveau ne s'enseigne pas. Il ne peut qu'être indiqué. La plupart des accompagnements, lorsqu'ils sont bien menés, servent les niveaux 2 à 5. Les niveaux 6 et 7 constituent le cheminement personnel et continu du praticien — une pratique contemplative permanente qui garantit l'authenticité de son travail.

V. L'entraîneur comme témoin : une réflexion professionnelle

Pourquoi est-ce important pour les coachs, les thérapeutes, les mentors, les guérisseurs, les leaders et les éducateurs ?

Parce que le niveau de témoignage auquel le praticien s'est stabilisé fixe le plafond de ce qui devient possible pour le client.

On ne peut guider une personne avec certitude vers un niveau de conscience que l'on n'a pas soi-même atteint et stabilisé. On peut utiliser les bonnes techniques, prononcer les mots justes, et même créer des ouvertures momentanées. Mais la transformation durable qui constitue le véritable travail transpersonnel s'opère par le biais d'un processus plus profond. résonance — par le biais du système nerveux du praticien régulant celui du client, par le biais du témoin stabilisé du praticien invitant le témoin émergent du client, par le simple fait légal que nous ne pouvons pas systématiquement emmener une autre personne là où nous ne sommes pas allés.

C’est pourquoi la vie contemplative du praticien n’est pas un passe-temps privé. Elle constitue son enseignement. L’élève qui considère sa propre vie intérieure comme un laboratoire devient un guide digne de confiance. Celui qui tente de guider sans travail intérieur préalable devient un technicien bien intentionné de plus, contribuant au bruit ambiant d’un monde déjà bruyant.

La question qui définit la vocation transpersonnelle n'est donc pas Quelles techniques vais-je maîtriser ? Les techniques viendront, et elles sont importantes. La question est : À quel niveau de témoignage suis-je prêt à me consacrer, afin que ceux que je sers puissent se tenir sur le terrain que j'ai préparé ?

C'est une question essentielle. C'est aussi une question lumineuse. Car y répondre, c'est reconnaître que sa propre vie — avec toutes ses souffrances, toutes ses limites, tous ses désarrois — est devenue le lieu où se forge le don le plus profond. Il n'existe aucun raccourci spirituel pour le praticien transpersonnel. Il n'y a que le travail lent, patient et souvent empreint d'humilité qui consiste à devenir, en soi, la conscience que l'on souhaite offrir aux autres.

La bonne nouvelle, c'est que ce travail peut être partagé. Il ne se fait pas seul. Les traditions existent, les cartes existent, les communautés existent, les méthodes existent. Il suffit de choisir de s'y mettre sérieusement et de trouver un point de départ parmi d'autres qui ont fait le même choix.

VI. Pratiques pour cultiver le témoignage

Avant tout programme, toute technique, tout cadre de travail, il existe des pratiques que tout lecteur de cet essai peut mettre en œuvre dès aujourd'hui. Je les présente par ordre croissant de subtilité :

La séance du matin. Avant de parler à qui que ce soit, avant de prendre un appareil, avant de commencer vos tâches quotidiennes, asseyez-vous dix minutes en silence. Ne méditez pas « intensément ». N’essayez pas d’atteindre un état particulier. Asseyez-vous simplement et observez ce qui se présente. Les pensées viendront ; laissez-les venir. Les sentiments viendront ; laissez-les venir. Remarquez que vous êtes en train de remarquer. C’est la pratique fondamentale, et elle suffit à elle seule pour commencer à transformer le cours de votre vie.

Les trois pauses. Programmez trois alarmes aléatoires au cours de votre journée. À chaque sonnerie, faites une pause de trente secondes et demandez-vous : À quel niveau de témoignage me trouves-je en ce moment ? Ne jugez pas la réponse. Le simple fait de poser la question est déjà un exercice. Au fil des semaines, vous constaterez une augmentation du niveau moyen, non pas parce que vous aurez cherché à le faire augmenter, mais parce que l'attention, par elle-même, s'entraîne.

La pratique de l'étiquetage. Lorsqu'une émotion forte surgit, nommez-la intérieurement comme un événement passager plutôt que comme un élément de votre identité. La colère monte. Pas Je suis faché. La tristesse se fait sentir. Pas je suis tristeLe changement est minime. Son effet est énorme. À ce niveau, le langage n'est pas superficiel ; il est le levier qui permet de relâcher l'identification.

L'ancrage corporel. Lorsque vous vous laissez emporter par vos pensées ou vos émotions, revenez à l'un de ces trois points de contact : la plante de vos pieds sur le sol, votre respiration au niveau des narines, ou le poids de votre siège sur la chaise. Le corps est le refuge le plus sûr du témoin. La conscience sans incarnation devient dissociation ; l'incarnation sans conscience devient réactivité. Les deux sont indissociables.

La Revue du Soir. Chaque soir avant de vous endormir, posez-vous une question : Où ai-je perdu le Témoin aujourd'hui, et qu'est-ce qui m'a rappelé ? Écrivez une seule phrase. L'ensemble de ces données accumulées au fil des mois deviendra la carte de votre propre développement — et le suivi le plus honnête que vous puissiez recevoir.

Dialogue des parties. Lorsque vous rencontrez en vous une résistance ou une contradiction, accueillez-la comme si elle faisait partie intégrante de vous, dotée de sa propre voix. Demandez-lui ce dont elle a besoin. Écoutez-la sans argumenter. C'est la porte d'entrée vers le travail sur les Systèmes Familiaux Internes et vers les pratiques plus profondes de désidentification. Pratiquée sérieusement, cette approche est transformatrice.

La portée de la compassion. Lorsque vous sentez que le Témoin se refroidit ou se braque, tendez délibérément la main à ce dont vous êtes témoin. Le Témoin mature n'est pas détaché ; il est aimant. Le Cœur et le Témoin doivent être cultivés ensemble, sinon l'un finira par dévorer l'autre.

Ces pratiques, maintenues dans la durée, constituent le fondement. Elles en sont aussi la base. Au-delà se trouvent des méthodes plus profondes telles que la régression, la dynamique des parties, l'hypnothérapie transpersonnelle, le dialogue archétypal, le recouvrement de l'âme, l'exploration de la vie entre les vies et l'intégration de cette compréhension dans les sphères quotidiennes du travail, des relations, de la famille, de la communauté et de la planète. Ces méthodes requièrent formation, supervision et soutien communautaire.

Ce qui m'amène, enfin, à l'invitation.

VII. Une invitation

Si vous avez lu jusqu'ici — si une partie de vous a discrètement acquiescé en parcourant ces pages, reconnaissant dans cette carte quelque chose que vous avez vécu mais peut-être sans l'avoir nommé —, alors je veux m'adresser directement à vous.

Le Programme de coaching transpersonnel WHA × IIHCe programme, proposé conjointement par la World Happiness Academy et l'Institute of Interpersonal Hypnotherapy, est spécifiquement conçu à cet effet. Il s'agit de la formation formelle qui permet de mettre en pratique tout ce qui est décrit dans cet essai : les sept niveaux, les pratiques, la transformation SGE, l'incarnation, le travail sur les parties, la régression, les cadres transpersonnels, la supervision et, au cœur de tout cela, le développement lent et patient du Témoin chez le praticien lui-même.

Le programme est structuré en trois niveaux – fondamental, avancé et master – intégrant chacun la pratique contemplative, la psychologie fondée sur les preuves, la méthodologie transpersonnelle, l'éthique et la supervision directe. Les étudiants se forment au sein d'une communauté bilingue (anglais et espagnol) regroupant des étudiants originaires de plus de soixante pays. Les diplômés acquièrent non seulement des compétences techniques, mais aussi la stabilité intérieure nécessaire au travail transpersonnel.

Il ne s'agit pas d'une certification, mais d'une vocation. Nous ne formons pas des entraîneurs au sens conventionnel du terme ; nous formons des coachs. Responsables du bien-être, Coachs transpersonnels et Facilitateurs de la paix fondamentale — des personnes dont la vie professionnelle sera consacrée à la promotion consciente de l’épanouissement humain au sein des institutions, des communautés et des vies qui leur sont confiées.

Si vous sentez que cette œuvre vous appartient — si une partie longtemps restée silencieuse de vous vient de s'éveiller à ce mot vocation — alors je vous invite, simplement et directement, à passer à l’étape suivante.

Visiter worldhappiness.academy pour en savoir plus sur le programme de coaching transpersonnel, le processus de candidature et les dates des prochaines cohortes. N'hésitez pas à contacter notre équipe. Échangez avec un ancien élève. Consultez le programme du cours. Posez vos questions. Nous serons ravis de vous accueillir.

Le monde n'a pas besoin de techniciens plus brillants. Il a besoin de personnes qui ont accompli un travail intérieur, qui ont consolidé leur Témoignage et qui sont prêtes à consacrer leur vie professionnelle à l'éveil patient de la conscience chez autrui. Ce n'est pas une mince vocation. C'est peut-être la plus importante de notre époque.

Si vous faites partie de ces personnes, nous vous attendons.


« La paix fondamentale n’est pas l’absence de douleur… c’est la transmutation de son énergie en amour et en compassion. » — Luis Miguel Gallardo


Luis Miguel Gallardo Il est le fondateur et président de la World Happiness Foundation (dotée du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies), hypnothérapeute clinicien et transpersonnel, coach certifié ICF PCC et praticien certifié LBL®. Il est l'architecte du cadre civilisationnel Happytalism et anime le programme de coaching transpersonnel WHA × IIH à Madrid et à Miami.

infographie sur les sept niveaux de The Witness

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